Banque AES et le FCFA

AES : création de la Banque Confédérale pour l’Investissement et le Développement ( BCID-AES) et la suite dans l’abandon du FCFA ?

Nous décrochons la plume pour apporter notre modeste contribution à la dynamique lancée dont nous sommes persuadés pourra mettre fin à la servitude monétaire dans l’AES. Nous avançons nos arguments pour cette fin!

En huit ans d’existence nous n’avons raté aucun événement majeur qui touche à l’architecture colonialiste du franc CFA, peu importe la zone UEMOA ou CEMAC. Mettre fin à la servitude monétaire est l’essence même de notre combat. La monnaie est l’élément clé de souveraineté, qui contrôle ta monnaie contrôle ta vie.

Ceci dit, la  Banque Confédérale peut jouer un rôle essentiel dans l’abandon du fcfa mais l’effet dépendra fortement de sa conception, de ses missions et de la coordination politique.

Le combat que nous menons contre le franc CFA s’incruste dans une visée scientifique et avec tout le sérieux possible qui va avec une telle conviction. Aussi, seront exposés les points essentiels, impacts positifs et risques ou difficultés à prévenir.

Impacts positifs possibles

- Création d’instruments de réserve et de stabilité

Elle peut agir comme pool de réserves commun des trois États, fournir « swap lines » ou facilités de soutien aux banques centrales nationales pendant la période de lancement d’une nouvelle monnaie.  

- Infrastructure de paiement et intégration financière

En finançant des plateformes de paiement interbancaires régionales, elle peut faciliter la convertibilité et les règlements transfrontaliers hors du mécanisme CFA existant.

- Développement d’un cadre institutionnel

La banque peut appuyer la construction d’institutions monétaires (banque centrale régionale ou coordination des BC nationales), formation, et études techniques nécessaires pour la sortie du CFA. 

- Crédibilité et signal politique

Un organe financier régional solide peut renforcer la confiance des marchés et des partenaires internationaux si ses règles et ses méthodes de gouvernances sont perçues comme robustes et intègres.

- Financement de la transition monétaire

La banque peut mobiliser et canaliser des ressources (prêts, lignes de crédit, garanties) pour couvrir coûts de conversion, renforcement des réserves et besoins de liquidité temporaires. 

Conditions pour maximiser les impacts :

- dotation crédible en capital et meilleure coordination avec la BCEAO jusqu’à la cessation du fcfa; 
- gouvernance transparente et règles prudentes (indépendance opérationnelle, gestion des risques) ;
- coordination étroite avec banques centrales nationales et plan clair de transition monétaire (calendrier, redenominations, communication publique) ;
- mécanismes de stabilisation (facilités de liquidité, réserve commune, accords de swap) ;
- appuis diplomatiques pour gérer les aspects juridiques et contractuels liés à l’ancien régime CFA.

Maintenant ce qui peuvent être les risques à éviter dans un environnement plus ou moins hostile à la souveraineté des États de l’AES. En d’autres termes les difficultés à prévenir…

- Insuffisance de réserves et de crédibilité initiale : sans abondantes réserves ou appuis extérieurs ( connexion forte avec d’autres banques) la Banque Confédérale ne remplacera pas instantanément la garantie de convertibilité que représentait le mécanisme CFA/accords avec la France.  C’est de là que la reprise en main des ressources minières et pétrolière jouera tout son va tout notamment l’optimisation des réserves en or.

- Gouvernance et risque politique : conflits d’orientation entre États membres ou mauvaise gouvernance peuvent miner la crédibilité et conduire à la sortie de capitaux et inflation. 

- Transition monétaire : la création d’une nouvelle monnaie exige synchronisation fiscale, harmonisation des politiques macro, recalibrage des contrats, redenomination des salaires/prix, la banque aide financièrement mais ne résout pas entièrement ces défis techniques et politiques. 

- Réaction des marchés et partenaires : investisseurs étrangers et créanciers peuvent exiger primes de risque élevées tant que la nouvelle architecture n’est pas testée. 

- Coûts de conversion et instabilité courte durée : expansion monétaire mal gérée peut provoquer inflation et dépréciation s’il n’y a pas ancrage crédible.

En conclusion on peut affirmer que cette Banque Confédérale pour l’Investissement et le Développement de l’AES peut considérablement faciliter l’abandon du franc CFA en fournissant financement, infrastructure, réserves mutualisées et crédibilité, mais le succès dépendra d’un capital suffisant, d’institutions solides, d’une coordination macroéconomique rigoureuse et d’un plan de transition bien conçu pour éviter instabilité et perte de confiance.

Voilà en quelques lignes sans langue de bois, notre contribution.

L’AES est condamnée à avoir sa propre monnaie d’ici 2027 l’année de la sortie de la monnaie de la Cedeao.

2026 s’annonce comme une année charnière pour l’AES où l’abandon du fcfa cessera d’être un slogan mais un comportement assumé, une réalité palpable.

Courage à nos décideurs!
Courage à vous aussi jeunes debout de l’AES!
Dieu veille!

Camarade Kalafo - Économiste - Fondateur du front anti-CFA - MPR-FCFA